Jacques Henri Lartigue

Tout au long du XXème siècle, Jacques Henri Lartigue (1894-1986) a forgé une œuvre subtile, élégante et empreinte d’un amour indéfectible pour « la vie, cette chose merveilleuse qui danse, qui saute, qui vole, qui rit… ». En homme de son temps, il s’est passionné pour toutes les inventions mécaniques (avions, voitures, etc.) mais surtout pour son élément le plus insaisissable, la vitesse.

Fasciné par le tennis, son sport favori, Lartigue est grisé par la sensation voluptueuse de « faire un sport rapide », de « vivre dans la fantastique contrée des atomes de seconde ». Il photographie inlassablement celle qu’il surnomme le « phénomène », la jeune Suzanne Lenglen, déjà championne de France à 14 ans et qui va devenir l’année suivante la plus jeune championne du monde, gagnant le tournoi de Wimbledon à 7 reprises, sans jamais perdre un set (1919/1926). Mais la « Divine », comme on la surnomme, est également une grande élégante, et c’est habillée par Patou qu’elle est immortalisée par Lartigue sur les courts de tennis. La grâce des joueurs, la sensation d’envol et de légèreté transparaissent littéralement dans les clichés des autres grands joueurs de son époque que sont Lacoste et Borotra, deux des quatre « Mousquetaires » du tennis français. Un vent de liberté souffle sur la terre battue !

Dans un monde où il faisait toujours « Beau » ou « Très Beau », et dans lequel « il ne pleuvait jamais » comme aimait à le raconter son ami et admirateur le photographe Richard Avedon, Jacques Henri Lartigue a inlassablement cherché à saisir un instant d’éternité : « Ma passion, c’est d’attraper une chose merveilleuse qui passe en une demi-seconde ».

Moi (J.H. Lartigue), Rouzat, septembre 1920

PHOTOGRAPHIES